SNALC

PPCR 2024-2025

Compte-rendu de la CAPA du 9 février 2026

Compte-rendu et déclaration liminaire

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Aujourd’hui se tient la CAPA chargée d’examiner les recours sur l’appréciation finale des RDV de carrière 2024-2025 des professeurs certifiés, agrégés, de lycée professionnel, d’EPS, des CPE et des PSY-EN.

Cette année le nombre de recours est faible voire dérisoire. Plutôt que de voir ici un signe positif, il faut au contraire se questionner.

Tous corps confondus, 2648 RDV de carrière ont eu lieu en 2024-2025 pour 2751 collègues éligibles.

Sur ces 2648 RDV, 76 collègues, soit 2.8 % des collègues vus, ont dans un premier temps fait un recours gracieux contre 3.9 % l’an dernier. Notons qu’il y a 103 rendez-vous non réalisés pour divers motifs et 2 recours hors délai.

Sur les 76 collègues ayant fait un recours gracieux, 30 ont obtenu satisfaction.

46 recours ont été rejetés, 32 collègues ont alors saisi la CAPA. A l’issue du GT, 7 cas seulement ont été réhaussés.

Cela illustre à quel point l’Administration n’entend pas les arguments des représentants des personnels, acteurs de terrain, mais préfèrent suivre l’avis des IPR qui viennent observer une séance c’est-à-dire une heure de cours et qui décident in fine si l’agent mérite à leurs yeux d’être réévalué.

Car ne soyons pas dupes, ce sont bien les corps d’inspection qui font la pluie et le beau temps. L’Administration les suit presque aveuglément. On voit bien ici les limites de l’exercice.

Par ailleurs certaines matières sont surreprésentées, c’est le cas une fois de plus des Lettres. Les chiffres des recours évoqués en introduction sont révélateurs.

Le taux assez bas de recours formulés s’explique de plusieurs façons :

  • Une méconnaissance de la procédure par les collègues,
  • Une procédure longue et laborieuse (en 3 étapes si elle est menée jusqu’à son terme),
  • La peur d’être stigmatisés comme contestataires par leurs évaluateurs,
  • Mais surtout un sentiment général de découragement des personnels, qui n’attendent pas grand-chose

de cette démarche et encore moins la reconnaissance de l’Institution.

Certains collègues vont même jusqu’à ne plus lire le CR du RDV de carrière. Ils ont reçu la notification et ont préféré ne pas en prendre connaissance.

L'administration doit prendre au sérieux cette démotivation car à terme elle fera des ravages.

Les auteurs de recours sont partagés entre injustice, écœurement, incompréhension et colère. On peut ainsi lire : « Je regrette que le profil de la classe n'ait pas été plus pris en compte dans ce rapport. […] L'élève pour moi est maître de son apprentissage et le professeur doit trouver les outils qui lui permettront d'attiser sa curiosité et de libérer son potentiel. C'est dans cet esprit que je mène de nombreux projets, qui montrent d'ailleurs la diversité de ma pratique enseignante. Je regrette que cela n'ait pas été perçu lors de ce rendez-vous de carrière ou « Je juge assez sévères au regard du travail fourni et de l'investissement mené toute l'année auprès des élèves les deux avis « satisfaisant » qui m'ont été donnés» ou bien « J'ai obtenu "très bien" dans des items où j'avais eu "excellent" lors de mon évaluation l'an dernier, et ce, malgré une implication plus importante de ma part dans l'établissement cette année » ou encore « Pour toutes ces raisons, l'appréciation finale « très satisfaisant » ne me paraît pas rendre compte de mon investissement et de mon engagement dans les différentes missions qui me sont confiées pour la réussite des élèves, ni de mon dévouement au service public d’éducation » enfin « Les efforts que j’ai entrepris depuis près de vingt ans pour améliorer, diversifier, innover mes pratiques n’ont pas du tout été reconnus, valorisés ni même évoqués. Pourtant, dans le cadre de mon enseignement, j’ai toujours cherché à proposer de nombreuses innovations pédagogiques […]. A aucun moment mon parcours, ma formation, l’évolution de ma carrière ou même mon vécu professionnel n’ont été discutés. »

Ainsi, force est de constater que ce système d’évaluation dont le SNALC dénonce chaque année les défauts, en parfaite cohérence avec la position qu’il a exprimée au CTM de décembre 2016 où il a voté contre le PPCR, n’est pas lisible pour les premiers intéressés, c’est-à-dire les évalués.

Les collègues ne comprennent pas quand il y a un écart, une incohérence, et même un paradoxe criant entre les items évalués positivement ou très positivement et l’appréciation finale dégradée.

De même une majorité de croix dans un pallier devrait logiquement faire basculer l’avis final vers ce pallier or ce n’est pas le cas et cela discrédite l’évaluation en elle-même. Si aucun reproche concernant un item n'est fait dans l'appréciation littérale d'un évaluateur, le positionnement devrait être à Excellent. Le non-dit devrait bénéficier à l’agent.

Par ailleurs il n’est pas acceptable pour les collègues de se voir privés de revenir sur l’appréciation donnée à ces items. De fait, lors de l’entretien avec les évaluateurs primaires, ceux-ci n’informent pas les agents sur le positionnement des croix. Plusieurs collègues font remonter également la discordance entre l’entretien et le positionnement réel des croix. En outre le positionnement des items est parfois en contradiction avec leurs appréciations : on voit parfois des avis très positifs se transformer en Satisfaisant ou Très satisfaisant. Le choc et la déception sont considérables à la découverte du compte-rendu et des croix.

Pour les rendez-vous de carrière du 9ème échelon, les collègues ne comprennent pas comment d’un rendez- vous de carrière au 8ème échelon évalué « Excellent » ils passent, soudain, au 9ème échelon, à l’évaluation

« Très satisfaisant » sans parler du positionnement inexplicable de certaines croix. Cette rétrogradation brutale en 2 ans seulement - parfois en un an - est incompréhensible, blessante voire humiliante. Ils se sentent victimes d’une injustice car cela retarde leur promotion à la hors classe. L’argument qui consiste à dire que le niveau d’expertise attendu est plus grand n’est pas recevable au regard du peu de temps écoulé entre les deux échelons.

Nous rappelons que pour le troisième rendez-vous de carrière, l’évaluation doit porter sur plusieurs années de carrière et non uniquement sur l’année voire la séance en cours. En outre nous constatons que dernièrement l’administration s’est montrée moins bienveillante avec les collègues ayant exercé en éducation prioritaire ou ayant été TZR un certain temps.

L’item « Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques » est le plus opaque. Une croix autre qu’Excellente devrait être motivée par les évaluateurs. Des efforts ont été faits dans certains disciplines mais ce n’est pas encore le cas partout.

Par ailleurs certains reproches sur le manque de formations sont infondés quand les collègues s’inscrivent à l’EAFC ou demandent des stages FIL et que ceux-ci leur sont refusés pour nécessité de service notamment suite à la réforme imposant les temps de formations hors face à face pédagogique.

Nous nous étonnons également des reproches faits à certains sur leurs choix pédagogiques alors que nul texte réglementaire n’existe à ce sujet ou bien lorsque des reproches sont faits sur la didactique alors que l’enseignant maitrise les savoirs disciplinaires et que c’est la moyenne basse qui est alors prise en compte.

Alors que l’on nous répète d’année en année qu’« il n’y a pas de dogme en pédagogie », force est de constater que ce n’est pas la réalité. Et malgré la demande des OS d’obtenir la grille d’évaluation utilisée par les corps d’inspection, cela n’est jamais accordé. Et pourtant les mêmes critères reviennent. Pour être un bon enseignant, il faut :

  • Faire travailler les élèves en groupes
  • Limiter le cours dialogué
  • Ne pas utiliser de textes à trous
  • Mettre en pratique la différenciation au collège à 30 élèves par classe et au lycée à
  • Ne pas être tuteurs de stagiaires contractuels ou d’anciens AED
  • Ne pas donner de cours à la fac
  • Ne pas faire des séances de langue
  • Ne pas transmettre trop de connaissances au détriment des compétences
  • Ne pas être en seconde carrière
  • Travailler en équipe disciplinaire
  • Être PP tous les ans
  • Ne pas se servir des manuels
  • Être élu au CA mais ne pas être en opposition avec la direction
  • Annoter les copies au maximum dans la bienveillance
  • Organiser des voyages scolaires mais ne pas choisir les voyages auxquels on veut participer
  • Ne pas faire de corrigé trop techniciste
  • Ne faire que des formations disciplinaires ou sur la didactique

Quoi qu’on fasse, cela ne va jamais, on est trop ou pas assez.

Il est également choquant de constater que des collègues qui acceptent des missions supplémentaires non obligatoires et chronophages voient certains de leurs items dégradés au prétexte qu’ils ne donnent pas entièrement satisfaction alors qu’ils font ce qu’ils peuvent et ce, souvent sans accompagnement ni formation.

L’exercice a également ses limites quand le recours de l’agent contredit point par point le rapport des évaluateurs. C’est parole contre parole mais c’est bien évidemment perdu d’avance pour l’agent.

A contrario nous notons encore des remarques sur la pédagogie faite par certains chefs d’établissement qui se substituent à l’IPR. Ces remarques n’ont pas lieu d’être dans la partie réservé au chef d’établissement.

Pareillement les litiges rencontrés avec tel ou tel chef d’établissement qui règle ses comptes au moment du RDV de carrière ne devraient pas pénaliser le collègue, a fortiori s’il n’a jamais eu de problème auparavant avec sa hiérarchie ou si le CE vient d’arriver Le fait de remplir une fiche RSST ou bien de refuser d’être PP afin de se recentrer sur sa pédagogie ne devrait pas être un frein à l’évaluation positive d’un enseignant. Et pourtant on a pu lire comme justification d’une, collègue dégradée pour l’item « Contribuer à l’action de la communauté éducative… » : « Cependant, en raison d’un manque de reconnaissance pour son travail et son investissement elle a choisi de se recentrer davantage sur ses missions disciplinaires. » Le CE reconnaît néanmoins que « Cette situation, bien compréhensible, met en lumière la nécessité de valoriser davantage ses contributions passées et de l’accompagner dans la poursuite de son engagement ».

Certains chefs d’établissement font même porter la responsabilité de l’échec des élèves aux enseignants :

« Trop d'élèves restant en difficultés en français au sortir de leur scolarité au collège. La direction du Collège entend aider les collègues à mener une réflexion commune sur ces thématiques. Nul doute que l'appui des IPR sur ces questions nous serait bénéfique.» C’est tellement plus commode

Pour finir, le faible nombre de recours (2.8%) et notamment le très faible pourcentage de saisies de la CAPA (1,2%) devrait inciter l’Administration à une réponse généreuse, bienveillante et positive pour tous les cas défendables.

Ce serait un signal encourageant pour les collègues. A l’heure où la prévention des Risques Psycho Sociaux devient un sujet de santé publique dans l’EN, l’évaluation des enseignants via les RDV de carrière devrait être repensée afin d’intégrer cette dimension.



Compte-rendu du GT et CAPA recours PPCR 2024/2025

Échelon

 

Total éligibles :

2 751

RDV réalisés

 

 

Total :

2 648

Rdv non réalisés

 

Total :

103

Avis

Excellent

 

Total :

1236

Avis

Très satisfaisant

Total :

1179

Avis

Satisfaisant

 

Total :

228

Avis

À consolider

 

Total :

5

6 :

843

812

31

280

436

94

2

8 :

1014

981

33

433

454

92

2

9 :

894

855

39

523

289

42

1

 

Dans un premier temps, 76 collègues ont déposés un recours gracieux (2.8 %).  30 ont obtenu satisfaction (39.4 %). 2 étaient hors-délai. 46 recours ont été rejetés (60.5 %).

Dans un second temps, 32  personnes ont demandé la saisie de la CAPA :

  • 6ème échelon : 3 personnes
  • 8ème échelon : 15 personnes
  • 9ème échelon : 14 personnes

À l’issue du GT et grâce aux interventions des élus les modifications suivantes ont été apportées :

  • 6ème échelon : 2 avis réhaussés sur 3
  • 8ème échelon : 3 avis réhaussés sur 15
  • 9ème échelon : 2 avis réhaussés sur 14

 25 personnes seront revues en CAPA :

  • 6ème échelon :  1 avis réhaussé sur 1
  • 8ème échelon :  3 avis réhaussés sur 12
  • 9ème échelon :  4 avis réhaussés sur 12
Certains avis ont fait l'objet d'un vote en CAPA et sont en attente de l'arbitrage du Recteur.