SNALC

Déclaration du SNALC au CSA du 28/01/26

La déclaration liminaire

Monsieur le Recteur, Mesdames, Messieurs membres du CSA,

La baisse démographique est régulièrement invoquée pour justifier des moyens contraints, alors même qu’elle ne concerne pas l’ensemble des structures. Ainsi, les lycées généraux, technologiques et professionnels seront à nouveau en situation de sureffectifs (ou « surbooking » comme dit en instance 91) à la rentrée 2026. Que fera-t-on des non affectés déjà trop nombreux les autres années ? Combien de classe « seconde avenir » va-t-on ouvrir pour pallier le manque d’anticipation de la montée des effectifs ?

Le bâti est vieillissant. Les visites et enquêtes F3SCT montrent à quel point des établissements en mauvais état jouent sur le climat scolaire. Dans quelles conditions va-t-on accueillir tous ces lycéens ?

Dans le premier degré, la diminution affichée du nombre d’élèves par classe relève largement de l’illusion statistique : il s’agit d’une moyenne qui occulte à la fois les effectifs dédoublés sur certains niveaux et l’obligation d’accueil des élèves, en l’absence d’enseignants.

De même les créations de poste de CPE et de personnels de direction et administratifs sont fléchées pour les nouveaux établissements. Pourtant le SNALC interpelle régulièrement les autorités sur les moyens insuffisants sur le terrain de ces personnels. Les lycées franciliens vont accueillir de plus en plus d’élèves mais les équipes de direction et de vie scolaire ne seront pas dotées. Comment travailler efficacement les problématiques voire fléaux que sont le décrochage scolaire, le harcèlement ou les rixes ?

Cette approche strictement quantitative entre en contradiction avec l’ambition affichée par l’institution de proposer un accompagnement « sur mesure » à chaque élève, de la maternelle à l’enseignement supérieur. En réalité, cette promesse se heurte à des moyens standardisés insuffisants ou pire encore à une inclusion au rabais. Cette ambition déconnectée des moyens disponibles épuise les personnels, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’un empilement permanent de dispositifs dits innovants, supposés améliorer l’efficacité pédagogique.

Après l’annonce de l’abandon des groupes de besoins au collège et du Parcours Y en terminale professionnelle — dispositifs que les collègues ont vu apparaître puis disparaître — une nouvelle « innovation pédagogique » se profile déjà : les « collèges en progrès ». À la lecture de sa présentation sur le site du Ministère ce dispositif laisse présager une nouvelle vague de réunions chronophages et d’injonctions à « mieux enseigner », sans réponse concrète aux difficultés du terrain.

Par ailleurs, des moyens supplémentaires sont attribués à certains établissements très défavorisés : un collège et trois écoles primaires dans l’Essonne. Si le SNALC se réjouit pour les collègues concernés, il déplore que cette mesure s’effectue à moyens constants, au détriment des autres établissements. Pour le SNALC, seule une révision ambitieuse et un élargissement de la carte de l’enseignement prioritaire — notamment aux lycées — permettraient d’améliorer réellement la réussite des élèves tout en reconnaissant le travail des équipes éducatives. Or, une fois encore, cette révision est repoussée par le ministre au mieux à 2027, soit sept ans après l’échéance réglementaire initiale.

Pour le SNALC, la dotation horaire globale (DHG) demeure l’outil pédagogique central. Nombre d’enseignants seraient prêts à renoncer aux dispositifs d’accompagnement, de formation ou d’« innovation pédagogique » en échange de classes moins chargées et de temps de concertation rémunérés. Ce sont là les conditions sine qua non pour pouvoir réellement accorder à chaque élève l’attention dont il a besoin et à chaque enseignant la rémunération que mérite son travail.

Enfin le SNALC s’insurge contre les propos tenus dernièrement sur Samuel Paty. En salissant sa mémoire, ce sont tous les enseignants que l’on salit. Nous sommes profondément indignés et nous espérons que la vérité triomphera. Samuel Paty n’a commis aucune faute si ce n’est d’avoir fait son métier.

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