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Collèges en progrès : la liberté pédagogique menacée ?

Après la réforme de 2016 et « Notre école faisons-là ensemble », le Ministère a dégainé son nouveau plan pour lutter contre l’échec scolaire : « les collèges en progrès ».

Après la Réforme du collège de 2016 et la démarche « Notre école faisons là ensemble » du Ministre Blanquer, le Ministère a dégainé son nouveau plan pour lutter contre l’échec scolaire : « les collèges en progrès ».

Derrière ce titre, l’objectif est clair : « en progrès » veut dire « qui devront progresser ». Pour ce faire, les DHG seront normalement plus généreuses pour les établissements sélectionnés (mauvais résultats en français et en mathématiques au DNB et un IPS faible) et plusieurs demi-journées banalisées afin de mettre en place un plan d’attaque avec des résultats observables (donc attendus) au DNB 2027.

La question qui brûle les lèvres mais que tous devinent : à qui la faute ?

Et bien aux équipes et non aux élèves…

C’est pour cela que le Ministère par l’intermédiaire des rectorats missionnera des équipes d’experts pour venir en aide aux équipes en place : « [La démarche] ne vise pas à modifier à tout prix les organisations existantes, mais à en améliorer l’efficacité au service de la réussite des élèves […] Leur action s’inscrit dans une logique de soutien, de conseil et d’appui auprès des équipes pédagogiques et de direction ».

Ces délégations seront composées de personnels intercatégoriels : corps d’inspection mais aussi, et c’est la nouveauté, de personnels médico-sociaux (PsyEN, assistantes sociales…) afin de poser « un diagnostic à 360° sur les difficultés scolaires ». Ceci afin d’avoir « une vision systémique » et « transversale ».

Les solutions proposées sont :

- la formation des enseignants : « Les préconisations formulées auront ainsi pour objet d’accompagner les évolutions de pratiques permettant de faire progresser les élèves et de structurer des programmes de formation adaptés »

- les projets interdisciplinaires

- la co-intervention…

Toujours et encore les mêmes solutions aux mêmes problèmes et les mêmes constats : si les élèves échouent, c’est parce que les enseignants sont mal ou peu formés.

Il ne manque plus que la semestrialisation et les classes sans notes…

Mais ne nous inquiétez pas, cela ne devrait pas tarder. Concernant la liberté pédagogique, même si on nous assure que « l’intervention des équipes d’appui s’exerce dans le respect du principe de liberté pédagogique des enseignants », on nous rappelle bien que « Lorsque ces accompagnements relèvent de l’organisation pédagogique de l’établissement, ils ont vocation à être présentés en conseil d’administration ; une fois adoptés dans ce cadre, ils s’appliquent à l’ensemble de la communauté éducative ».

Nous revivrons donc, ce que nous avons déjà maintes et maintes fois subi, de lubies pédagogistes pensées par des personnels hors sol et imposées aux équipes par des chefs d’établissement dociles et carriéristes. En revanche à aucun moment on ne se demandera comment mettre les élèves sérieusement et durablement au travail.

Angélique ADAMIK présidente du SNALC Versailles, élue aux CSA A et CSA SD 91

Sources : GT du CSA SD 91 du 05/02/26 et réponses aux questions diverses du CSA SD 91 du 12/02/26.