SNALC

La réforme Blanquer et son double.

Dans le cadre de l’action intersyndicale contre la loi Blanquer pour une école de la confiance, le SNALC-Versailles a participé, le vendredi 12 avril, à une manifestation...

Dans le cadre de l’action intersyndicale contre la loi Blanquer pour une école de la confiance, le SNALC-Versailles a participé, le vendredi 12 avril, à une manifestation devant la mairie de Versailles, pour protester contre la venue du ministre. Ce dernier venait animer une réunion publique portant sur les réformes engagées pour l’éducation, et organisée par le député des Yvelines, Jean-Noël Barrot.

A l’issue de la manifestation, plusieurs membres du SNALC et sympathisants se sont rendus dans cette réunion.

L’endroit choisi était idéal : quel meilleur lieu que le siège de l’université inter-âge, sis au fond d’une impasse, dans le vieux quartier derrière la mairie, pour afficher, face à la violence de la meute des syndicalistes vociférant, la sérénité d’un ministre, jouissant de l’entière confiance d’une salle triée sur le volet, gagnée à l’avance, mais secouée, par moments, de coups de houle poussés par la fronde des mécontents qui avaient su entrer dans le sérail.

De confiance, il n’a été question que de cela pendant deux heures. Pourquoi s’acharnait-on sur cette bonne loi qui ne voulait de mal à personne. Il y a deux mois il n’en était question nulle part et voilà que depuis 15 jours tout s’est enflammé. Au point que lorsque le ministre avance une proposition, c’est son contraire qui est répandu dans l’opinion. Comme pour les directeurs d’école qu’il n’a jamais été question de supprimer, pas plus que les jardins d’enfants. L’enseignement privé sous contrat ? La réforme de la maternelle ne lui apportera pas d’autres subventions que celles que la loi impose aux communes de verser aux établissements primaires. Donc pas plus d’argent pour le Privé. (Cela fait quand même une dépense supplémentaire pour les communes). Parcoursup ? Le nombre d’élèves de Créteil ou de Versailles (académies dites très défavorisées, -cliché !) inscrits dans les universités de Paris intra muros (académie dite très favorisée,-autre cliché) est en hausse. Mais c’est le contraire qui est dit ! Ce qui pousse les élèves de Créteil ou de Versailles à s’autocensurer et à ne pas oser s’inscrire à Paris. Par qui tant de mensonges ? De pseudo progressistes, donneurs quotidiens de leçons mais gâcheurs en réalité du sain avenir de la jeunesse.

Mais qu’on se rassure, Jean- Michel Blanquer ne croit pas au complotisme (la preuve, l’école doit apprendre à déjouer les « fakes »), il est même progressiste !

La réforme du lycée ? Elle met fin aux filières, à un enseignement standardisé, permet aux élèves d’étudier selon leurs appétences. Veulent -ils faire des maths ? Beaucoup de maths ? Ils peuvent en faire jusqu’à 9 heures en terminale. Et s’ils n’ont pas le niveau (parce qu’en 1 ère ils en avaient fait …. le minimum horaire par exemple) les établissements organisent des cours de rattrapage. Miracle des sciences. Professeur de bon sens qui osez dire au ministre que ce n’est pas possible, taisez-vous.

Qu’on se le tienne pour dit. Jean-Michel Blanquer ne détruit rien. Le surnom de « contrôle-Z » est une affreuse légende. Certes il a fallu changer un peu les choses (sic) pour le collège (un peu, c’est là le problème). Mais, dans l’ensemble, Jean-Michel Blanquer ne touche à rien. Il fait ce que les autres faisaient (mais sans le dire, ah les hypocrites !) et bien mieux. Le contrôle continu se faisait déjà avant lui, avec les bacs blancs, les échanges de copies entre correcteurs. Il ne fait désormais qu’exister officiellement pour le bac, et évite de surcroît aux élèves le bachotage.

Sur la scène, peu éclairée, six ombres entouraient le ministre, 6 députés des Yvelines, simples faire- valoir qui lui posaient (lisaient) des questions sur lesquelles il rebondissait avec talent. Quand il fut question de citoyenneté, de formation civique, de sensibilisation aux institutions républicaines et au rôle des élus, on aurait aimé que ceux présents montrent qu’un élu est d’abord une personne, à défaut d’être une personnalité, comme Jean-Michel Blanquer.

De sa réforme, Jean Michel Blanquer parla beaucoup de ce qui en était dit (par les syndicats honnis jusqu’au nom). Mais à force de lutter contre les mots, à coup de mots, on risque de perdre le contact avec le terrain. C’est ce que laissa transparaître parfois le propos de ce pourtant réputé grand connaisseur de l’éducation nationale.

Mais jusqu’à quand pourra-t-il payer de mots les personnels en affirmant avoir parmi ses objectifs l’augmentation de leur pouvoir d’achat ?

Frédéric SEITZ

Président académique


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