SNALC

La filière GA - Transformation et Reclassement

Entre précipitation, déconcentration, décentralisation, chef de projet, référent national et référent académique y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Le SNALC a participé, le 16 janvier 2019, , à un groupe de travail initié par la Direction générale des ressources humaines pour l’élaboration d’un protocole d’accompagnement des professeurs de la spécialité GA, dans le cadre de la réforme « Transformer le Lycée Pro ». Le SNALC salue la volonté de dialogue social de la DGRH, toutefois il a formulé deux critiques majeures sur le document de travail présenté :

  • Distinguer, dans deux protocoles spécifiques, ce qui relève de l’accompagnement de la réforme des programmes et ce qui relève de l’accompagnement à la mobilité contrainte des enseignants dont les postes seront supprimés conformément à la volonté du ministère de réduire de moitié le flux d’élèves en Gestion Administration.
  • Les mesures d’accompagnement sont bien tardives alors que les points phares de la réforme rentreront en vigueur dès la rentrée 2019 et que la suppression de 1 500 ETP est actée depuis mai 2018.

Les mesures d’accompagnement pédagogiques.

Les enseignants GA sont particulièrement impactés, dès la rentrée 2019, par la transformation du lycée professionnel. En plus, des « innovations pédagogiques » communes à la voie pro, ils inaugurent la seconde famille de métiers « GA, transport, logistique » mal ficelée, et un référentiel GA rénové est d’ores et déjà annoncé pour la rentrée 2020.

Le SNALC a exigé que les formations aient lieu de préférence en présentiel et qu’en cas de formations hybrides les enseignants bénéficient d’une décharge de service. Par ailleurs, il s’est toujours opposé aux sempiternels vade-mecum, FAQ disponibles sur Internet sources de surcharges de travail et d’angoisse pour les enseignants laissés seuls face à leurs interrogations, et de surcroît rarement pertinents. D’autant plus, que ces documents auxquels les organisations syndicales n’ont pas été associées, ne sont toujours pas disponibles alors qu’ils étaient annoncés début janvier par le Chef de projet qui dirige sur un groupe de pilotage national qui lui-même s’appuie sur 15 groupes de travail…

 

La suppression de 1 500 ETP GA :

 

Selon les projections de la DGRH, au plan national, la réduction de 50 % des flux d’élèves devrait entrainer la suppression de 1 500 ETP de postes de titulaire d’ici quatre ans dont 1 000 départs en retraite. Il resterait donc environ 500 ETP, correspondant à un nombre au moins égal de collègues qui devront se reconvertir. Parallèlement, le recrutement se poursuit et les concours restent ouverts, étant entendu que les départs à la retraite n’auront pas tous obligatoirement lieu dans les académies qui suppriment les sections GA.

Au niveau académique, avant la fin du premier semestre 2019, Il est préconisé que tous les enseignants GA qu’ils fassent l’objet d’une suppression de poste ou non, soient reçus individuellement par leurs services RH afin de recenser leurs attentes et leurs besoins de formation en termes d’évolution professionnelle. Les propositions des services RH interviendront dans un deuxième temps. Les académies remonteront les données dans le cadre d’un pilotage national où des référents académiques et nationaux seront nommés.

Toutefois, du national au local, il y a déjà des couacs. Les remontés de terrain montrent que de nombreuses académies ont commencé à fermer des sections GA et que des collègues seront déjà frappés de mise en carte scolaire à la rentrée 2019. De plus, les propositions de reconversion restent pour l’instant dans les limites des dispositions réglementaires qui induisent une mobilité fonctionnelle et géographique. On peut craindre même une mutation interacadémique obligatoire.

Les demandes du SNALC

Au-delà d’une rhétorique RH et de la mise en place d’un processus administratif entre les académies et le ministère qui a déjà montré ses limites, le SNALC demande :

  • la mise en place de mesures exceptionnelles, hors cadre statutaire, afin qu’il y ait un réel choix pour les enseignants entre une mobilité fonctionnelle ou bien géographique (avec un périmètre spatial raisonnable qui ne s’étende pas à l’académie ou limitrophe, ce qui ne dérange pas la DGRH).
  • l’application de ces mesures de reclassement aux collègues contractuels.
  • le décompte précis des postes supprimés et la liste des possibilités réelles de reclassement proposées par académie.
  • des entretiens systématiques avec des garanties de confidentialité qui devront être obligatoirement menés par une personne RH (et non pas par les inspecteurs).

Nous sommes en attente du protocole final. Le SNALC se bat pour le respect des personnels et soutiendra tous les collègues GA pour qu’ils obtiennent des conditions de reclassement dignes.

 

Valérie LEJEUNE PLP GA

 

 


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